Un basculement qui change la donne pour le portefeuille
Le constructeur américain vient de franchir un seuil symbolique sur le marché français : sur le mois d'avril 2026, 55 % des bons de commande signés concernaient un modèle 100 % électrique. Autrement dit, plus d'un acheteur Ford sur deux a choisi de tourner le dos à la pompe. Ce chiffre, longtemps réservé aux marques premium ou aux pure players, montre qu'un constructeur généraliste peut aujourd'hui basculer son mix de ventes sans attendre la fin de la décennie. Pour les ménages qui hésitent encore, c'est un signal fort : l'électrique n'est plus un pari, c'est devenu une option budgétaire crédible.
Pourquoi les acheteurs Ford sautent le pas
Plusieurs facteurs expliquent cette accélération. D'abord, la gamme s'est étoffée avec des modèles plus accessibles, là où la marque ne proposait jusqu'ici qu'un SUV électrique haut de gamme. Ensuite, les offres de leasing à mensualités contenues (souvent sous la barre des 200 €/mois pour les versions d'entrée de gamme) ont rendu l'investissement initial bien moins anxiogène. Enfin, la prolongation du leasing social et le maintien du bonus écologique pour les véhicules assemblés en Europe pèsent dans la décision finale.
Concrètement, pour un foyer qui parcourt 15 000 km par an, le calcul devient parlant :
- Un thermique essence consommant 6,5 L/100 km coûte environ 1 750 € de carburant annuel (sur la base d'un litre à 1,80 €).
- Une électrique équivalente, rechargée à 70 % à domicile en heures creuses, descend autour de 450 € d'électricité par an.
- L'écart annuel dépasse 1 300 €, sans compter l'entretien réduit (pas de vidange, freinage moins sollicité, courroie inexistante).
Sur cinq ans, le différentiel cumulé peut financer une bonne partie du surcoût à l'achat, surtout si l'on revend le véhicule avant la chute de la cote.
Les points de vigilance avant de commander
Ce basculement ne doit pas faire oublier les conditions qui rendent l'électrique réellement rentable. Premier point : la capacité à recharger à domicile. Sans wallbox ou prise renforcée, l'écart de coût avec le thermique se réduit fortement, car la recharge rapide sur autoroute facture parfois plus de 0,55 €/kWh, soit un plein équivalent à un diesel.
Deuxième point : le profil de trajet. Pour un conducteur qui enchaîne les longs parcours autoroutiers chaque semaine, l'autonomie réelle (souvent 25 à 30 % inférieure à la valeur WLTP en hiver) et le temps de recharge peuvent peser. À l'inverse, pour un usage périurbain ou domicile-travail de moins de 80 km par jour, l'électrique est quasiment imbattable.
Troisième point : la valeur résiduelle. Le marché de l'occasion électrique se stabilise, mais reste sensible à l'évolution rapide des technologies de batterie. Un achat comptant peut s'avérer risqué ; la LOA ou la LLD permettent de transférer ce risque au constructeur.
Les chiffres de Ford confirment une tendance de fond : l'électrification ne se joue plus uniquement sur les modèles vitrines, mais bien sur les volumes du quotidien. Pour aller plus loin, simulez le coût réel de vos trajets avec notre calculateur sur coutrajet.fr et comparez en quelques clics ce que vous coûteraient un thermique et son équivalent électrique sur vos kilomètres annuels.